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Le pancréas artificiel : la voie de l’avenir pour traiter le diabète de type 1

Le lundi 28 janvier 2013

Une étape importante a été franchie par les chercheurs de l’IRCM pour que cette approche prometteuse devienne une réalité

Des chercheurs à l’IRCM, dirigés par le Dr Rémi Rabasa-Lhoret, ont été les premiers à mener une étude comparant un pancréas artificiel à double hormone avec le traitement du diabète par pompe à insuline qui a montré une amélioration des glycémies et une réduction des risques d’hypoglycémie. Ces résultats, publiés aujourd’hui dans le Journal de l’Association médicale canadienne (JAMC), pourront avoir un impact important sur le traitement du diabète de type 1 en accélérant le développement du pancréas artificiel externe.
 
Le pancréas artificiel est un système automatisé qui simule un pancréas normal en adaptant continuellement l’administration d’insuline selon les changements des glycémies. Guidé par un algorithme avancé, le pancréas artificiel à double hormone étudié à l’IRCM contrôle la glycémie (taux de sucre dans le sang) en administrant automatiquement de l’insuline et du glucagon, au besoin, en se basant sur un lecteur de glycémie en continu.
 
« Nous avons trouvé que le pancréas artificiel améliorait le contrôle glycémique de 15 % et réduisait considérablement le risque d’hypoglycémie en comparaison au traitement traditionnel par pompe à insuline. Le pancréas artificiel a aussi réduit de huit fois le risque d’hypoglycémie globale et de 20 fois le risque d’hypoglycémie nocturne » a expliqué Ahmad Haidar, ingénieur, premier auteur de l’étude et étudiant au doctorat dans le laboratoire du Dr Rabasa-Lhoret à l’IRCM et au Département de génie électrique et informatique à l’Université McGill.
 
Les personnes diabétiques de type 1 doivent gérer leur glycémie avec soin afin d’atteindre les niveaux cibles. Le contrôle glycémique est la clé de la prévention des complications sévères à long terme reliées aux taux élevés (telles que la cécité ou l’insuffisance rénale) et réduit le risque d’hypoglycémie (taux de sucre gravement bas qui peut mener à la confusion, à la désorientation et même à la perte de conscience).
 
« Environ deux tiers des patients n’atteignent pas leurs cibles glycémiques avec les traitements actuels. Le pancréas artificiel pourrait les aider à atteindre ces cibles et réduire l’hypoglycémie, qui est l’une des craintes principales pour la plupart des patients et qui demeure l’effet indésirable le plus fréquent lors du traitement par insuline » a dit le Dr Rémi Rabasa-Lhoret, endocrinologue et directeur de la clinique de recherche en obésité, métabolisme et diabète à l’IRCM.
 
« Les pompes à infusion et les lecteurs de glycémie sont déjà disponibles sur le marché, mais les patients doivent souvent vérifier le lecteur et ajuster la pompe. Pour les libérer de ce défi de taille, nous devions trouver un moyen pour le lecteur de communiquer directement avec la pompe. Nous avons donc développé un algorithme de dosage intelligent qui sert de cerveau au système. Celui-ci peut constamment recalculer la dose d’insuline requise selon les changements glycémiques, de façon similaire au système GPS dans une voiture qui recalcule le trajet en fonction du trafic ou d’un changement d’itinéraire » a dit M. Haidar.
 
L’algorithme développé par les chercheurs, qui pourrait éventuellement être intégré comme logiciel dans un téléphone intelligent, reçoit les données du lecteur de glycémie en continu, calcule l’insuline requise (et éventuellement du glucagon requis) et contrôle la pompe à distance en administrant automatiquement ces doses sans intervention du patient.
 
« Le système que nous avons évalué imite bien un pancréas normal puisqu’il sécrète l’insuline et le glucagon. Alors que l’insuline abaisse la glycémie, le glucagon a l’effet contraire et augmente les taux de sucre. Le glucagon peut ainsi protéger contre l’hypoglycémie si un patient diabétique calcule mal la dose d’insuline nécessaire » a ajouté le Dr Laurent Legault, endocrinologue pédiatrique et directeur sortant du Centre pédiatrique de la pompe à l’insuline à L’Hôpital de Montréal pour enfants et co-auteur de l’étude.
 
« Notre travail est passionnant parce que le pancréas artificiel pourrait considérablement améliorer la gestion du diabète et réduire les frustrations quotidiennes des patients. Nous poursuivons nos études cliniques afin d’évaluer le système pour des périodes plus longues et avec des groupes d’âges différents. Par la suite, il sera probablement introduit sur le marché graduellement, en utilisant seulement l’insuline, avec des premières générations qui se concentrent sur le contrôle glycémique nocturne » a conclu le Dr Rabasa-Lhoret.
 
 
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Pancréas artificiel externe : lecteur de glycémie en continu (à gauche), pompe à la ceinture qui injecte de l'insuline sous la peau du patient (à droite), contrôleur (ici un téléphone intelligent dans la main).
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