25 février 2010
Cette percée de l’équipe du Dr Éric A. Cohen, à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, pourrait ouvrir de nouvelles avenues d’intervention thérapeutique pour lutter contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH-1). Dans leur article paru dans la revue Blood de février 2010, l’équipe du Dr Cohen explique comment une protéine du VIH-1, appelée Vpr, active les fonctions meurtrières de cellules NK tueuses naturelles (Natural Killer), en induisant l’expression d’une classe spécifique de protéines liées au stress cellulaire (ligands du récepteur NKG2D) à la surface des lymphocytes T CD4+ infectés et non infectés.
« Étant donné que les cellules NK portent un récepteur (récepteur NKG2D) qui reconnaît spécifiquement ces protéines induites par des stress cellulaires, en l’occurrence ici un stress déclenché par la protéine Vpr, cette reconnaissance entraîne une destruction efficace des lymphocytes T CD4+ infectés et non infectés par les cellules NK. Ceci suggère donc que la protéine Vpr produite par le VIH-1 peut contribuer à l’élimination massive des lymphocytes T CD4+ infectés et non infectés observée chez les patients durant la phase aigue de l’infection » a indiqué le Dr Cohen.
Une des caractéristiques de l’infection par le VIH-1 est la perte d’un grand nombre de lymphocytes T CD4+, un groupe de cellules immunitaires qui sont essentielles au développement des réponses antivirales de l’hôte. Par ailleurs, durant l’infection au VIH-1, les cellules tueuses naturelles (cellules NK), qui représentent la première ligne de défense de l’hôte, perdent graduellement leur capacité de tuer les cellules « étrangères » comme celles infectées par le virus. « Les résultats de nos travaux soulèvent également la possibilité qu’en étant continuellement activées, les cellules NK perdraient éventuellement leur capacité à assumer leurs fonctions normales, tel qu’on le constate durant la phase chronique de l’infection » a ajouté Jonathan Richard, doctorant à l’unité de recherche en rétrovirologie humaine à l’IRCM, et premier auteur de l’article.
« En fait, les mécanismes contribuant à la perte des cellules T CD4+ ou à la dysfonction des cellules NK durant l’infection au VIH-1 sont encore mal compris. Une meilleure compréhension de la contribution de Vpr à ces processus pourrait mener à la découverte de nouvelles stratégies thérapeutiques ou vaccinales pour lutter contre le VIH/Sida » a précisé le Dr Cohen.
Ces travaux ont été subventionnés par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Réseau SIDA et maladies infectieuses du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) et la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI).
Référence bibliographique de cet article :
Richard, J., Sindhu, S., Pham, T. NQ, Belzile, J-P and Cohen, E.A. HIV-1 Vpr upregulates expression of ligands for the activation NKG2D receptor and promotes NK cell-mediated killing. Blood, Feb 2010; 115: 1354 - 1363.
Le Dr Éric A. Cohen est directeur de l’unité de recherche en rétrovirologie humaine à l’IRCM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en rétrovirologie humaine. Le Dr Cohen est aussi professeur au département de microbiologie et immunologie de l’Université de Montréal.
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