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Le sexe pourrait influencer le traitement du diabète de type 2

Le mercredi 6 juillet 2016

… mais peut-être pas de la manière dont vous le croyez

Dans le milieu de la recherche en santé, on présume qu’un médicament fonctionnera sensiblement de la même manière, tant chez les mâles que les femelles. Par conséquent, la plupart des études préliminaires sur des modèles animaux n’examinent les effets d’un traitement que sur un seul des deux sexes. Or, lorsqu’il est question de maladies étroitement liées au rôle des hormones, par exemple, le diabète, ces études devraient-elles continuer à se pencher sur un seul sexe?

La chercheuse Jennifer Estall, Ph. D., et son étudiant Aurèle Besse-Patin, tous deux de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et de l'Université de Montréal, souhaitent répondre à la question.

Voir les deux côtés de la médaille
Historiquement, la recherche préclinique a principalement utilisé des mâles pour mesurer l’efficacité d’un traitement pour les maladies métaboliques, tels le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires.

« On croyait que d’étudier à la fois les populations mâle et femelle ne faisait que doubler les coûts et le temps d’une recherche scientifique », explique la Dre Jennifer Estall, directrice de l’unité de recherche en mécanismes moléculaires du diabète de l’IRCM. « La plupart du temps, on privilégiait l’étude des mâles afin d’éviter l’influence potentielle des fluctuations d’hormones des femelles sur les données. »

De plus, les jeunes femelles s’avèrent aussi plutôt résistantes aux déclencheurs causant habituellement le diabète et l’obésité, comme les aliments riches en sucre et en gras; il devient donc plus ardu de recréer la maladie sur laquelle on veut se pencher.

« Cependant, cette mentalité évolue », ajoute Aurèle Besse-Patin, étudiant au doctorat dans l’équipe de la Dre Estall. « La communauté scientifique réalise que certaines de ces études ne nous ont possiblement fourni qu’un seul côté de la médaille. »

En effet, la recherche médicale a entre-temps établi que les maladies métaboliques ne se développent pas de la même manière chez les hommes que chez les femmes. Par exemple, les femmes s’avèrent plus protégées contre les maladies métaboliques jusqu’à la ménopause. Logiquement, cette différence pourrait également avoir un impact sur le traitement de ces maladies.

Sous le radar
« Par le passé, des médicaments testés chez les mâles ont peut-être été abandonnés parce qu’ils ne fonctionnaient pas suffisamment bien. Or, on ne sait pas si les femelles auraient pu mieux y réagir ou si, à l’inverse, les femelles répondent moins bien ou d’une autre manière; cela n’a pas été évalué systématiquement pour les traitements qui viennent d’être développés », indique la Dre Estall. « Notre équipe veut offrir une image plus complète de l’effet du sexe sur le fonctionnement des médicaments, et ce, avant qu’ils ne soient testés chez les humains. Ce faisant, nous espérons faire la lumière sur des traitements qui auraient pu autrement passer sous le radar. »

Pour ce faire, Jennifer Estall et Aurèle Besse-Patin étudieront comment les souris femelles assimilent une hormone nommée FGF21, qui pourrait avoir des effets bénéfiques pour les maladies cardiovasculaires, le foie et le métabolisme des graisses. Chez les mâles, l’administration de FGF21 améliore le métabolisme et l’efficacité de l’insuline, réduit les triglycérides dans le sang et accroît la quantité ce qu’on appelle le « bon » gras. Le tout pourrait augmenter l’espérance de vie des patients, ce qui en fait un traitement prometteur pour les maladies métaboliques. Or, si ces vertus thérapeutiques ont déjà été démontrées chez les animaux mâles, elles demeurent très peu documentées du côté des femelles. Et même lors d’études chez l’humain, qui regroupent les deux sexes, on ne compare pas les résultats des hommes à ceux des femmes; les différences potentielles demeurent ainsi perdues dans les données.

« Nos résultats génèreront de l’information utile sur la manière dont les hommes et les femmes assimilent respectivement FGF21, affirme Aurèle Besse-Patin. Par exemple, nous pourrions voir si FGF21 fonctionne de façon plus prononcée chez les femelles, ou si elle offre des effets bénéfiques distinctifs chez l’un ou l’autre des sexes. »

« En somme, en caractérisant l’effet de FGF21 sur les femelles, nous pourrons mieux définir son efficacité pour traiter les maladies métaboliques chez les hommes et les femmes », résume Jennifer Estall. « Nous souhaitons ainsi mettre en lumière une approche encore émergente dans notre domaine, et nous espérons que nos résultats encourageront notre communauté scientifique à y avoir recours », conclut-elle.

À propos de l’étude
Jennifer Estall et Aurèle Besse-Patin ont reçu un soutien financier des Instituts de recherche en santé (IRSC) par une Subvention catalyseur pour les recherches axées sur le sexe comme variable dans la recherche biomédicale ou translationnelle. L’étude est menée en collaboration avec le Dr Andrew Adams, de la compagnie pharmaceutique Eli Lilly, ainsi qu’avec le Dr ffolliott M Fisher et le Dr Terry Maratos-Flier, de la Harvard Medical School.

À propos de Jennifer Estall
Jennifer Estall a obtenu son doctorat en biologie moléculaire à l’Université de Toronto. Elle est directrice de l’unité de recherche en mécanismes moléculaires du diabète de l’IRCM. La Dre Estall est également professeure adjointe de recherche au Département de médecine de l’Université de Montréal et professeure adjointe en médecine expérimentale et d’anatomie et en de biologie cellulaire à l’Université McGill. Elle est titulaire d’une bourse de recherche du Fonds de recherche du Québec - Santé et d'une bourse de nouveau chercheur des IRSC. Pour plus d’information, visitez www.ircm.qc.ca/estall.

À propos de l’Institut de recherches cliniques de Montréal
L’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) est un institut de recherche biomédicale de grande réputation situé en plein cœur du milieu universitaire montréalais. Fondé en 1967, il regroupe aujourd’hui 35 équipes de recherche et quatre cliniques spécialisées : en nutrition, métabolisme et athérosclérose; en hypertension; en diabète et obésité ainsi que sur des maladies rares comme la fibrose kystique et les hyperlipidémies familiales. L’IRCM est affilié à l’Université de Montréal. Il entretient aussi des relations étroites avec l’Université McGill. Sa clinique est affiliée au CHUM. L’IRCM reçoit l’appui du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec. Pour plus d’information, visitez www.ircm.qc.ca.

Source :
Anne-Marie Beauregard, chargée de communication
Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM)
514 987-5555 | anne-marie.beauregard@ircm.qc.ca



La chercheuse Jennifer Estall et Aurèle Besse-Patin, étudiant au doctorat
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