19 novembre 2009
Une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Woong-Kyung Suh à l’IRCM a fait paraître le 13 novembre un article dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), une prestigieuse revue scientifique américaine. Cette recherche identifie un mécanisme crucial de transduction de signal qui déclenche la production d’un élément clé de l’arsenal immunologique : les anticorps. Mathieu Gigoux et Jijun Shang, respectivement étudiant à la maîtrise et technicien à l’IRCM, sont les premiers coauteurs de l’article.
Les anticorps jouent des rôles centraux dans la protection de l’organisme contre les agents infectieux tels que les virus. Un groupe de globules blancs appelés « lymphocytes B » deviennent des cellules productrices d’anticorps au cours d’une réaction immunitaire. Pour que les lymphocytes B produisent des anticorps de grande qualité dirigés contre les envahisseurs et non contre les propres cellules du corps ou encore les antigènes inoffensifs présents dans l’environnement, ces lymphocytes doivent être guidés par un autre type de globules blancs appelés « lymphocytes T auxiliaires folliculaires » ou Tfh.
Les lymphocytes Tfh sont produits lorsque des précurseurs naïfs des lymphocytes T sont stimulés par des antigènes. On savait déjà que la génération des Tfh est fonction d’un récepteur de surface des lymphocytes T appelé ICOS (Inducible costimulator). L’importance de la molécule ICOS pour les réponses des anticorps a été révélée chez un groupe de patients présentant un syndrome immunodéficitaire héréditaire. Les patients ont des mutations dans le gène ICOS qui provoquent une génération défectueuse de lymphocytes Tfh et d’anticorps. On sait cependant très peu de choses sur la façon dont ICOS soutient la génération de lymphocytes Tfh.
Dans l’article, l’équipe du Dr Suh démontre clairement qu’ICOS active une enzyme nommée « phosphoinositide 3-kinase (PI3K) » qui, à son tour, augmente la production de facteurs solubles clés (cytokines) qui facilitent la génération des lymphocytes Tfh. Ainsi, des souris génétiquement modifiées par une abrogation sélective de l’axe de signalisation ICOS-PI3K présentent des défectuosités tout aussi dramatiques que des souris ne possédant pas ICOS du tout. Cette étude a identifié PI3K comme étant le composant clé de la médiation de la fonction d’ICOS et fournit un cadre pour de futurs efforts d’identification de cibles qui pourraient être manipulées afin d’améliorer ou supprimer les réponses des anticorps dans diverses infections ou maladies auto-immunes.
Cette étude a reçu l’appui des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).
Cet article est disponible en ligne.
Le Dr Woong-Kyung Suh est directeur de l’unité de recherche en régulation immunitaire à l’IRCM. Il est professeur adjoint de recherche IRCM, chercheur adjoint au département de médecine de l’Université de Montréal et membre associé du département de microbiologie et immunologie, Division de médecine expérimentale à l’Université McGill.
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