Lundi 30 mars marque la Journée internationale zéro déchet. En tant que membres d’une communauté scientifique vouée à la préservation de la vie, notamment pour les générations futures, c’est une occasion privilégiée de réfléchir à la manière dont nous pouvons améliorer notre empreinte environnementale.
La recherche biomédicale génère une quantité importante de déchets, en particulier de plastique à usage unique, souvent nécessaire pour garantir la sécurité, la stérilité et la rigueur expérimentale. On estime qu’en tant que chercheuses et chercheurs, l’empreinte carbone liée à ce travail est jusqu’à 100 fois supérieure à notre impact personnel. À titre d’exemple, en 2021, nous avons calculé qu’environ 3 500 kg de plastique destiné à la recherche ont été achetés à l’IRCM.
La bonne nouvelle, c’est qu’en sensibilisant davantage la communauté et en misant sur des changements de comportements collectifs, nous pouvons amorcer un virage. Même de petits gestes peuvent avoir un impact significatif : réutiliser un objet une seule fois permet de réduire les déchets de 50 ; choisir le plus petit format de plastique adapté à une expérience — par exemple un tube de 0,5 mL, qui contient trois fois moins de plastique qu’un tube de 1,5 mL — contribue aussi à diminuer de façon notable l’utilisation de plastique. Répétés à l’échelle d’un centre de recherche comptant de nombreux laboratoires, ces choix s’additionnent et font une réelle différence.
À l’IRCM, les efforts collectifs du Comité vert, formé en 2021, contribuent à sensibiliser la communauté, à réduire notre empreinte environnementale et à repenser la gestion des déchets. Il s’agit d’un défi de taille dans un environnement de recherche où les contraintes sont bien réelles : préoccupations légitimes quant au risque de compromettre les expériences, enjeux de contamination, coûts, perturbation des routines établies et résistance au changement.
Malgré ces obstacles, l’IRCM progresse de manière pragmatique et résolue vers des pratiques plus durables.
Au cours des dernières années, des avancées concrètes ont été réalisées. Le compostage a d’abord été implanté à l’IRCM à la cafétéria, puis étendu aux coins café. Des solutions locales ont également été privilégiées, notamment le recours à des entreprises de la région pour le recyclage des équipements de protection individuelle et la collecte de contenants consignés, en collaboration avec l’ASSO.
Dans les laboratoires, les pratiques de recyclage ont été améliorées grâce à une documentation rigoureuse et à la mise à jour des consignes sur le tri des différents types de déchets et des matériaux de laboratoire recyclables. Plusieurs initiatives structurantes ont aussi été mises en place, comme l’achat groupé de pipettes en verre pour remplacer certaines pipettes de plastique à usage unique, ainsi que l’implantation d’un système de lavage et de partage des tubes de 15 mL et de 50 mL en collaboration avec la laverie. Une autre action marquante consiste à collecter les blocs réfrigérants pour les donner à Popote roulante Montréal. Toutes ces initiatives ont été rendues possibles grâce à l’engagement de stagiaires en recherche et de membres du personnel qui ont généreusement donné de leur temps, de leur énergie, de leurs idées et de leur expertise.
Aller de l’avant
Bien qu’il reste encore beaucoup à faire, l’IRCM est résolument engagé à poursuivre sur cette lancée. À court terme, nous élargissons le recyclage des plastiques de laboratoire avec CedLo, une entreprise qui transforme les plastiques pour leur donner une seconde vie et qui accepte de nombreux types de plastiques de laboratoire. Un projet pilote est en cours depuis un peu plus d’un an, impliquant cinq à six laboratoires de l’IRCM ainsi que la clinique de l’Institut. La collecte des plastiques destinés au recyclage par CedLo est simple : elle consiste à ajouter un bac identifié supplémentaire. Nous lançons maintenant une initiative visant à étendre ce projet à l’ensemble de l’Institut.
L’IRCM collabore également avec une jeune entreprise montréalaise innovante, Phoenix Impact. Phoenix Impact cherche à réduire les déchets plastiques en nettoyant et en stérilisant les plastiques pour les retourner aux laboratoires afin qu’ils soient réutilisés, un processus qui peut être répété plusieurs fois. Cette approche inclut des items de plastique qui ne sont pas recyclables et se retrouvent habituellement dans les sites d’enfouissement. Cinq laboratoires de l’IRCM ont travaillé avec Phoenix au cours de la dernière année ; avec l’appui de l’Institut, l’entreprise a obtenu un financement Primo-adoptant du MEIE, permettant de réduire le coût du service et de le rendre accessible à un plus grand nombre de laboratoires à l’IRCM. Notre approche repose sur l’ouverture à l’innovation, la rigueur dans la mise en œuvre et la capacité d’adaptation à mesure que de nouvelles stratégies de durabilité émergent.
Au-delà des infrastructures, nous travaillons également à instaurer une culture commune où la durabilité est intégrée aux pratiques quotidiennes de laboratoire, à la formation et aux activités de recherche. Chaque geste compte.
En cette Journée zéro déchet, engageons-nous collectivement à poser ces petits gestes qui contribuent à bâtir un avenir plus durable. Excellente journée à toutes et à tous !
