Bâtisseur de solutions, cultivateur de sourires
NB : cette série de rencontres met en relief la diversité des membres de la communauté de l’IRCM, la variété des expertises et la profondeur de leur engagement dans leurs rôles respectifs.
François, c’est le bonheur de rendre service, et de voir le visage de la personne à qui il vient en aide s’éclairer d’un sourire, au détour d’un couloir, entre deux travaux exécutés impeccablement et avec célérité.
Dur d’imaginer notre IRCM sans lui, n’est-ce pas? Pourtant c’est un fait incontournable : ce cher collègue partira sous peu pour de nouveaux projets (chut, il ne veut pas que l’on utilise le mot retraite).
Il faut dire que cela fait un bail qu’il enjolive nos vies et nous rend de fiers services. Quand François Bordeleau arrive à l’IRCM, il y a maintenant de cela 24 ans, il ne se doute pas qu’il y fera carrière. À l’époque, il travaille en serrurerie à Ville Mont Royal. L’entreprise où il œuvre s’apprête à être vendue et François envisage même de la racheter; le projet n’aboutit pas. Le hasard et les bonnes personnes font bien les choses.
L’ancien directeur des services techniques de l’IRCM, M. Gaudreau, savait que je travaillais en serrurerie. Il n’y avait pas de serrurier à l’IRCM, ni même de poste officiel. Il m’a proposé de venir comme journalier, en pleine période d’agrandissement. J’ai accepté pour essayer… et je suis encore là, 24 ans plus tard.
Engagé d’abord sur contrat, François passe près de deux ans sans permanence. Mais, rapidement, son savoir faire et sa polyvalence s’imposent. En plus de la serrurerie, il met la main à la pâte en menuiserie, construit des murs, participe à l’aménagement des espaces, apprend sur le terrain.
Je suis très manuel. J’aime ça, construire, réparer, améliorer. J’ai appris énormément en travaillant ici.
Au fil des ans, son rôle évolue avec l’Institut. François connait l’essor de l’IRCM. Il participe à la construction et à l’aménagement de nombreux laboratoires. Il développe une expertise fine et très concrète du fonctionnement des espaces de recherche; Une expertise qui, aujourd’hui, lui est précieuse quand des firmes externes viennent effectuer des travaux à l’interne.
Quand on a bâti des labos de A à Z, on comprend leurs besoins. On sait comment ça fonctionne, ce qu’il faut éviter, comment améliorer certaines choses.
Mais, ce qui distingue surtout François, c’est son approche profondément humaine, humaniste, même. François aime ses semblables, c’est palpable.
Pour communiquer avec moi, on se parle de vive voix. Je préfère aller voir les gens sur le terrain, comprendre leurs besoins. La communication et l’échange sont mes points forts. Trouver des solutions ensemble, c’est ce que j’aime le plus.
Depuis trois ans, François est officiellement coordonnateur des services d’entretien. Il gère aujourd’hui une équipe dont il est extrêmement fier.
J’ai une équipe formidable. Chacun apporte quelque chose et on travaille vraiment bien ensemble. J’en suis très fier.
Au-delà de son rôle de coordination, François reste très présent sur le plancher.
Alors qu’il s’apprête à prendre une retraite bien méritée, la force de son attachement à l’Institut s’impose à lui.
Je vais m’ennuyer des collègues, des étudiants et étudiantes, de toute la communauté. Les gens ici sont tellement gentils. Il y a une diversité incroyable, beaucoup de jeunes. Les côtoyer, ça me garde jeune. Honnêtement, j’ai l’impression d’avoir encore l’énergie de ma première année.
Ce qui lui manquera le plus ? Ce milieu intellectuellement stimulant, cette curiosité omniprésente, cet apprentissage constant. Et s’il avait un conseil à donner à la personne qui prendra éventuellement la relève ?
D’aller voir les gens. Pas juste envoyer des courriels. Aller sur le terrain, comprendre les besoins des scientifiques, les écouter vraiment.
Après 24 années à bâtir, réparer, améliorer et connecter les gens, François Bordeleau laisse derrière lui bien plus que des murs et des clés : il laisse une manière de faire, plus encore, une manière d’être dans la bienveillance active qui devrait faire école et figurer dans les manuels des meilleures pratiques professionnelles.
Tellement merci, cher François, de toutes ces années de dévouement et d’amitié.
